La phase de déconstruction de l’entrepôt a été réalisée par l’aménageur puis cédée à Réalités. Dans ce cadre, Réalités intègre jusqu’à 300 000 briques de réemploi dans son projet de construction. 130 000 briques provenant du chantier in-situ (2000 m²), le reste venant d’autres chantiers.
Le mortier de ces briques étant en ciment, leur reconditionnement présente une complexité technique et économique.
Le soutien Ecominéro a permis de réaliser, sur une phase de test, un nettoyage manuel d’un échantillon de 5000 briques en 5 jours, afin de valider le processus de réemploi sur les 130 000 briques.
Quantité finale réemployée
Sur les 5000 briques prévues, seules 2 000 briques ont pu être reconditionnées sur site en 5 jours, soit 100m².
Protocole de dépose et de reconditionnement
Les briques ont été déposées selon une méthode traditionnelle de démolition, au grappin, sans dépose soignée. Cette méthode permet de ne pas engendrer de surcoût sur cette phase de travaux. Les briques tombées au sol et brisées sont considérées comme impropres au réemploi car non résistantes aux chocs. Environ 50% du gisement a été perdu lors de cette phase.
Le reconditionnement a été effectué manuellement, brique par brique. Le mortier a été ôté à l’aide d’outils tels que des marteaux ou burins.
Résultats des tests réalisés
Il s’est avéré impossible de nettoyer l’ensemble des briques dans le temps imparti. Le reconditionnement du gisement de briques a été effectué par temps très froid. Ces conditions ont rendu l’opération plus longue, toutefois la présence du mortier de ciment reste le facteur le plus limitant.
Ce nettoyage manuel, très chronophage et coûteux, n’a pas permis de généraliser le procédé sur le gisement des 130 000 briques. Faute d’équilibre économique, il n’était donc financièrement pas possible d’utiliser ce gisement. Pourtant, les objectifs de réemploi sont tenus par un approvisionnement en Belgique.
Facteurs de succès
L’opération s’est déroulée sur un territoire où de fortes volontés politiques agissent pour l’économie circulaire : la Ville de Saint-Ouen, le Territoire de Plaine Commune et l’aménageur Sequano.
L’aménageur a également fait montre de son engagement en allant s’approvisionner en briques de réemploi (en Belgique), en plus du gisement disponible sur site.
Difficultés rencontrées
Le mortier de ciment qui lie les briques entame le potentiel de réemploi des briques (contrairement au mortier de chaux). Outre le temps de nettoyage accru, dans certains cas, les briques se brisent lors du nettoyage. Les pertes sont donc très importantes aussi lors de cette phase – environ 50%.
Axe d’amélioration
L’arrivée sur le marché de machines permettant de mécaniser le processus de nettoyage permettrait d’augmenter les cadences de reconditionnement et de diminuer les coûts.
La création d’une filière française de briques de réemploi semble bientôt envisageable.
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